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n° 041 – Mosquée al-Ẓafar Damrī, mosquée al-Ṭuquzdamurī

  • Arabe : مسجد الظفر دمري
  • Translittération : Masjid al-Ẓafar Damrī
  • Autres dénominations : Zofor Domri, Zufur Dumrī, al-Quzdumrī, al-Quzzumrī, également connue localement sous le nom d’al-Qazmarī.

Localisation

La mosquée est située à l’est de Gaza, à l’extérieur de l’ancienne enceinte dans le quartier de Shajaʿiyya, à proximité de la gare de Gaza.

Localiser la mosquée al-Ẓafar Damrī sur la carte interactive.

Description détaillée du site avant le 7 octobre 2023

Légèrement en contrebas de la rue, la mosquée (24 m x 26 m) pouvait accueillir jusqu’à 800 fidèles.

Une inscription de fondation située sur le linteau du portail de l’édifice indique que cette mosquée fut construite par un certain Shihāb al-Dīn Aḥmad Ibn Fīruz al-Ṭuquzdamurī en 762/1360-61. Le nom de ce fondateur a donné lieu à des lectures et à des interprétations très diverses.  Certains ont lu Azfīr Ẓafar Dumrī[1], d’autres Aḥmad Guzumrī ou Ẓüfr-Dümrī[2],  mais  l’interprétation exacte est celle de Moshe Sharon[3] qui a démontré qu’il fallait lire Ibn Fīruz al-Ṭuquzdamurī qui est la translittération arabe du turc Toquzdemürī ou Toquztemür (litt. « neuf fers »). Le fondateur, sans doute un ascète – comme l’indique l’expression « al-faqīr ilā Llāh taʿālā » (pauvre devant Dieu le Très-Haut) qui précède son nom – était donc le fils d’un mamelouk appelé Fīruz qui fut lui-même au service d’un émir nommé Tuquzdamur[4]. Ce dernier, selon Moshe Sharon, serait le puissant émir Sayf al-Dīn Tuquzdamur al-Nāṣirī (m. 746/1345) qui fut vice-roi de la province syrienne sous le règne du sultan mamelouk al-Nāṣir Muḥammad. Une seconde inscription sur la façade nord de la mosquée signale une rénovation ou extension en 903/1498, date après laquelle elle ne semble plus avoir été modifiée jusqu’au XIXe siècle quand elle fut entièrement rénovée. La mosquée abrite aussi un tombeau qui ne comporte aucune inscription, mais que la tradition locale attribue à son fondateur[5].

Lors du premier conflit mondial la ville de Gaza est le point d’appui de la ligne de défense turque face aux britanniques. Après deux assauts infructueux (mars et avril 1917) une nouvelle offensive est menée à l’automne. La ville est alors l’objet d’intenses bombardements terrestres et navals (auxquels participent le cuirassé français Le Requin accompagné de cinq canonnières) d’une dizaine de jours (25 octobre- 6 novembre 1917). Lorsqu’après l’évacuation menée par la garnison turque les troupes du Commonwealth (principalement britanniques, australiennes et néo-zélandaises) prennent possession de la ville, à l’exception des fortifications pratiquement intactes, la cité est en grand partie anéantie, la mosquée al-Ẓafar Damrī n’y échappe pas.  

C’est sous le mandat britannique (1920-1947) qu’elle est reconstruite, non sans modification tel l’ajout de deux iwans dans la cour de la mosquée, ainsi que, dans la partie nord de la mosquée, une bibliothèque et une pièce abritant le tombeau attribué au fondateur. Malgré les violentes destructions de 1917, de nombreux ornements et inscriptions datant des xive-xve siècles figuraient encore sur le bâtiment à la fin du xxe siècle. Nombre d’entre eux sont reproduits dans l’ouvrage de Mohamed-Moain Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, publié en 1991.

Peu après sa mise en place en 1994, l’administration de l’autorité palestinienne décide de faire paver la cour, et d’ajouter une entrée et un minaret.

Sources bibliographiques

  • al-ʿĀrif ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza [History of Gaza], Jérusalem, 1943, p. 350.
  • Grainger John D., The Battle for Palestine 1917, Boydell & Brewer, 2006.
  • Sadek Mohamed-Moain, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, Berlin, Klaus Schwarz Verlag, 1991, p. 152-160, 580-588.
  • Sharon Moshe, Corpus Inscriptionum Arabicarum Palaestinae, vol. 4 : -G-, Leiden/Boston, Brill, 2008, p. 115-116.
  • Taghreed Ali, « Gaza’s venerable Al-Thafar Damri Mosque is a reminder of the prestigious history of the Islamic civilization during the Mamluk period », sur le site d’information en ligne Al-Monitor, février 2021.

Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

La cour intérieure de la mosquée Al-Thafar Damri, Gaza, photo non datée, @Aelkezmra.
Gaza, mosquée Al-Dhafar Demri, Photographie Wafa [texte ci-dessus]
@Youssef Al-Qutb.

Plan du site

Mohamed-Moain Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, Berlin, Klaus Schwarz Verlag, 1991, p. 581.

Etat du site actuel

  • Source :  liste UNESCO n° 7, mise à jour 21 février 2024
  • Autres sources publiées : @RiwaqPalestine, 13 mars 2024
  • Date des dommages : ?
  • Nature des dommages (combat, bombardement, destruction totale, bulldozer, incendie, pillage, minage) : ?

Sources iconographiques après le 7 octobre 2023

Préservation, sauvegarde, restauration prévue ou en cours

Reconstruite après la Première Guerre mondiale, près d’un siècle plus tard, la mosquée al-Ẓafar Damrī a été gravement endommagée pendant la guerre de l’été 2014 (8 juillet-26 août) y compris son extension récente (2010) accueillant une nouvelle bibliothèque. Une restauration a été réalisée en 2015 grâce aux dons de bénévoles.

Entre octobre 2024 et avril 2025, la mosquée a été bombardée à plusieurs reprises. Elle est à ce jour entièrement détruite.

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[1] al-ʿĀrif ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza [History of Gaza], Jérusalem, 1943, p. 350.

[2] M. A. Mayer et M. van Berchem, d’après M. Sharon, Corpus, IV, p. 115.

[3] M. Sharon, Corpus, IV, p. 115-116.

[4] Le « ī » à la fin du nom Ṭuquzdamurī indique, en effet, la relation de l’esclave affranchi (Fīruz) à son maître (Ṭuquzdamur).

[5] La pierre tombale qui se trouvait, avant les destructions de 2023-2024, posée sur le sol près de la tombe, mentionnait un certain Khalīl (m. 794/1392) et ne pouvait donc se rapporter au fondateur.

 

Fabrice Virgili
Fabrice Virgili
Anne-Marie EDDE
Anne-Marie EDDE

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Fabrice Virgili, Anne-Marie EDDE (4 octobre 2024). n° 041 – Mosquée al-Ẓafar Damrī, mosquée al-Ṭuquzdamurī. Gaza Histoire, inventaire d’un patrimoine bombardé. Consulté le 5 septembre 2026 à l’adresse https://gazahistoire.hypotheses.org/1342


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